17 juin 2008
Comment attirer l'attention...
Comme quoi j'ai de la suite dans les idées, voila un exemple, en photographie, de recadrage que j'ai fait, en mettant un peu de couleur sur les lèvres et le bout des seins. Cela permet de monter voir ce qui se passe en haut de la photo, au lieu de se concentrer uniquement sur ce qui est au milieu. D'autres photographes ont ainsi travaillé, en ajoutant quelques touches de couleur, dans une photo en noir et blanc. Toujours pour mettre l'accent sur un accessoire ou un élément du corps ou de la composition.
10 juin 2008
Sacrifier une partie du dessin
Il y a plusieurs raisons de sacrifier une partie d'un dessin: pour mieux en mettre en valeur une partie, ou pour consacrer tout son temps et son attention sur ce qui nous semble le plus important. Il peut arriver également de recadrer un dessin pour en retirer une partie ratée ou déséquilibrée, qui viendrait choquer la composition. Il se peut aussi, tout simplement, qu'on ait pas réalisé la tête d'un modèle (personnellement, je la garde pour la fin, pour quand je suis bien chaud), et donc qu'on recoupe son dessin. Un corps entier sans tête, ça fait bizarre, mais un buste sans tête passe très bien, la poitrine apporte suffisamment d'informations et d'attraits, c'est d'ailleurs une pièce de choix, devenue conventionnelle parmi les pièces de découpe anatomique. Dans tout dessinateur vit un kiné ou un boucher qui s'ignore. Quant à moi, j'aime les armures et les robots, mais je trouve que la mécanique humaine est incomparablement plus belle. Rassurez-vous, chers modèles, c'est vivants que je vous aime...
Donc, voila deux (mauvais) exemples: le premier, que j'ai réalisé à l'atelier de la Grande Chaumière, a une tête coupée, car j'avais centré ma composition sur la poitrine. Puis il se trouve que j'ai eu le temps de faire la tête, mais plus assez de place. Pour ne pas attirer l'attention vers le haut du visage (vers les yeux), j'ai coloré les lèvres et les tétons, afin de guider le regard du spectateur. Quant à l'autre dessin, j'en avais la place, mais je n'ai pas eu de temps de faire le visage. Dans ce genre de poses "collectives", le modèle a des horaires et l'on doit faire avec.
09 juin 2008
2 dessins de plus de Filipe Paiva...
Les dessins de Filipe Paiva
Dans mes recherches sur la toile, pour trouver des dessinateurs qui travaillent un peu comme moi, je vois passer toutes sortes de sites, dont beaucoup concernent la bande dessinée ou le graphisme publicitaire. Pour trouver des dessins de nus ou modèles vivants, "art" et "nude" sont des mots-clefs utiles, mais qui m'amènent vers d'autres images plus ou moins érotiques, voire plus. J'ai comme l'impression que le "graphisme" n'est plus ce qui caractérise les techniques graphiques (le dessin, pour faire bref), mais plutôt la décoration et la mise en page d'une planche de magazine ou d'un site internet. Le dessin de nu académique se classe maintenant, à ce que je constate, dans la catégorie "illustrations érotiques".
Donc, apprécions comme ils le méritent les dessins de Filipe Paiva, puis exerçons-nous au jeu des 7 erreurs. Car, au hasard de mes recherches, je suis tombé sur une photo, qui pourrait bien être au départ de l'inspiration de Monsieur Paiva... Je vous donne, en lien, une adresse où vous pourrez voir son port-folio, son book, un florilège de son travail... mais rien de plus en ce qui concerne son modèle (y pensiez-vous, chers lecteurs ?). Si on vous demande d'installer un logiciel pour voir les images, notez bien l'adresse ci-dessous et allez-y directement par internet, il se peut alors que ça marche mieux...
26 mai 2008
Du dessin à la photographie, et inversement
Dans certains cas, lorsque je veux éviter de stresser et d'avoir les yeux à l'affût, je choisis de partir dans des poses lentes. Lentes mais pas forcément longues. Je m'explique: On n'a guère le temps, en atelier, de vérifier tous les points de construction d'un dessin. Lorsqu'on prend son temps, on peut le faire. C'est sympa, on y va doucement, et on demande au modèle de prendre une pose pas trop physique. Pendant trente à quarante-cinq minutes, je place tous mes repères, et je commence à placer mes zones d'ombre, par dessus lesquelles je reviendrai plus tard, par un crayonné plus dur, pour "architecturer" le dessin. Comme le modèle commence à se lasser, et moi également, je finis cette séquence de pose en prenant une photographie. Celle-ci n'est pas toujours prise très exactement du même point de vue perspectif, mais j'essaye de respecter le même éclairage. Cette photographie me permet de terminer le dessin, et d'y revenir parfois quelques mois plus tard, pour affiner les modelés. L'intérêt que je trouve à prendre cette photographie à la fin de la pose: le corps n'est plus raide comme il l'était au début de la pose, et j'évite aussi les marques des élastiques des vêtements, qui ont eu le temps de disparaître. Si je veux le faire bien, je peux rajouter 3 à 4 heures de travail pour finir le dessin.
Quand je trouve un certain charme à ces photos, il m'arrive de les retoucher pour donner un supplément "d'ambiance". Ça n'a été que rarement le cas jusqu'à présent, car j'avais un éclairage et du matériel pourris. Maintenant, j'ai ce qu'il faut, mais comme je débarque dans la région, je n'ai plus le modèle.
Dessiner sur papier préparé
Cela s'est beaucoup fait au Moyen-âge et à la Renaissance, où le papier de couleur n'existait pas encore.
On pouvait alors le peindre, pour obtenir un fond coloré, sans avoir recours à l'aquarelle. En ce qui concerne le dessin ci-contre, je n'en suis pas satisfait, bien qu'on m'ait dit qu'il était réussi. Le papier est peint au hasard, j'ai seulement choisi les couleurs, que j'ai fait couler d'un côté à l'autre de la feuille. C'est un procédé assez systématique, qui peut évoquer un effet marbré, mais qui a le défaut de brouiller le dessin et le relief suggéré par le dessin. Par-contre, si le procédé est maîtrisé, il peut renforcer les ombres et les reflets par l'arrière, et donner plus de présence à la figure représentée. Comme je ne suis pas très patient (pas pour ça en tous cas), je n'ai pas réitéré l'essai. J'ai peut-être eu tort, à vous de voir...
25 mai 2008
Portraits de caractères
Voici deux portraits en buste, du même modèle, dans deux expressions différentes. Les regards, l'éclairage, les couleurs utilisées (chaudes à gauche, et froides à droite) et le cadrage, serré ou plus distant, contribuent à camper deux ambiances différentes.
La sanguine, c'est bien
La sanguine, c'est bien pour évoquer la couleur de la peau et des cheveux... Voila par exemple un portrait en sanguine.
Le raccourci
S'il est bien une chose que beaucoup de dessinateurs craignent, ce sont les poses en raccourci. Pour qui ne maîtrise pas vraiment le modelé, ou simplement pour qui préfère le dessin en estompe ou en simple contour, il faut dire que le résultat est souvent difficile à identifier, parce que la position du modèle est inédite ou compliquée. L'autre soucis réside dans le fait que le premier plan nous paraîtra très grand par rapport au reste du corps. Face à ce constat, les dessinateurs réagissent différemment: certain exagèrent encore la déformation (c'est l'effet "oeil de poisson"), alors que d'autres, j'en fais plutôt partie, ont tendance à vouloir modérer la déformation. Je suis donc du côté des modérés, tout comme le génial Mantegna, qui redécouvrit la perspective au 15ème siècle. Me comparer à lui, n'est-ce pas là de la modération...?

Fatigue et automatismes
J'ai eu mainte fois l'occasion, dont je me serais bien passé, de faire des dessins plutôt moches. Le plus décourageant est de bien voir ce qui ne va pas, mais de ne pas réussir à trouver la ligne ou la forme juste. Parfois je me dis que ce n'est pas mon jour, et je pars faire autre chose. Mais, à l'inverse, lorsque je ne suis pas motivé, et surtout lorsque je suis fatigué, les automatismes reviennent et j'arrive parfois à dessiner plus vite et sans hésitation. Ce n'est pas très rassurant en fait, car il m'arrive de faire presque mieux ces jours-là que d'habitude. Si vous avez vu Asterix placer sa flèche au coeur de la cible, alors qu'il est chez les helvètes, dites-vous que tout l'atelier, moi y compris, avons alors une moue helvétique.











